Newsletter #4: En route pour le Pérou!

Souvenez vous, lors de la dernière newsletter, je vous avais laissé au bord de l’Océan Pacifique, que je découvrais pour la première fois dans cette traversée. Non content de se retrouver dans le climat généreux de la côte, alors même que tout le monde outre atlantique se plaignait de la chaleur aoûtienne, nous avons décidé avec Astrid d’en profiter et de nous engager sur la Ruta del Spondylus, une route côtière longeant l’océan sur quelques 250 kilomètres depuis Bahia de Caraquez jusqu’à Salinas, une grande station balnéaire, le «Miami» équatorien! Nous ne nous serons pas attardé sur cette dernière ville mais nous avons cependant fait étape à Puerto Lopez, port de pêche et également centre touristique d’où partent de nombreuses excursions en mer pour observer les baleines à bosse, en pleine parade amoureuse dans les eaux équatoriennes à cette période de l’année. Venues se reproduire dans des eaux plus chaudes que celles de l’Antartique où elles passent une bonne partie de l’année, les mâles s’adonnent à des parades acrobatiques afin d’avoir une chance de trouver une femelle pour assurer leur descendance. Nous autres, êtres humains, sur notre petit bateau, restons bouches bées face à ce spectacle de la nature, qui nous laisse apercevoir tantôt leurs nageoires, leur aileron, leur queue ou alors, avec beaucoup de chance, un salto aérien qui laisse apparaître l’intégralité de leur masse hors de l’eau. Un excellent moyen de se rendre compte que ces animaux existent vraiment (et pas que sur National Geographic) et qu’il faut protéger nos océans pour que l’on puisse continuer à les voir parader de la sorte…

 

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Le bateau en arrière plan, bien qu’il gâche la photo(…), permet de se rendre compte de la taille de la baleine

 

Le temps d’Astrid en Equateur étant compté, nous décidons, pour la première fois du voyage, de prendre un bus afin de revenir dans la montagne pour replonger ensuite côté amazonien, nous épargnant ainsi une nouvelle traversée monotone de la plaine littorale et surtout un nouvelle ascension de plus de 4000 mètres de dénivelé positif! C’est depuis Riobamba, niché au pied du volcan Chimborazo (6263 mètres, plus haut somment du pays), en plein centre de l’Equateur, que nous entreprenons une spectaculaire descente vers l’Amazonie par la route appelée la Ruta de las cascadas ,60 kilomètres et des dizaines de cascades libérant les eaux de la fonte des neiges des géants sommets andins alentours et descendant tout droit alimenter le plus grand bassin hydrographique de la planète, celui de l’Amazone (l’équivalent d’une fois et demie la surface de l’Union Européenne!). Encore une fois, le retour à un climat plus chaud est le bienvenu et les quelques 150 kilomètres parcourus au pied des Andes, à la lisière de l’Amazonie sont un vrai régal, tant pour les yeux que les jambes.

 

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Une des nombreuse cascade lors de la descente vers l’Amazonie. Ici les chutes du rio Pastaza.

 

Mais pour découvrir la vraie Amazonie, ce n’est pas à vélo ni en bus qu’il faut la découvrir… mais en bateau! Pour terminer en beauté le voyage d’Astrid et nous retrouver avec nos amis Enzo et Claire, nous nous rendons donc dans la réserve de Cuyabeno, une des deux réserves de l’Amazonie équatorienne, présentant une des plus grande biodiversité du monde. Nous n’avons pas été déçu! Tarentules, boas, anacondas, caïmans, dauphins (roses et gris), sans compter les dindes puantes (!), les singes hurleurs et autres grenouilles venimeuses, nous en avons pris plein les yeux! Le terme «loi de la jungle» prend ici tout son sens, les animaux mettant en place des systèmes de défenses tous plus létales les uns que les autres, et qui, sans notre guide à travers la forêt, ne nous feraient pas survivre plus de 10 minutes!

 

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Marche dans la forêt amazonienne jusqu’au passage exact de la ligne équatorial, en compagnie d’Enzo et Claire, des amis de Grenoble venus à notre rencontre pour quelques jours dans leur voyage.

 

Puis est venu le moment, pour la dernière semaine du mois, de se retrouver de nouveau en solitaire. Afin de «rattraper» les kilomètres avalés en sens contraires en Amazonie, je me rends alors à Cuenca en bus pour m’approcher de la 3ème et dernière étape du voyage au Pérou. L’aire géographique séparant Cuenca au Nord du Pérou est appelée la « dépression de Huancabamba» car elle constitue la zone de la Cordillère où les plus hauts sommets sont les plus bas des Andes, atteignant, péniblement, seulement 3000 mètres d’altitude. Mais cela n’a rien changé à l’exigence et la difficulté du trajet… C’est en effet au terme de 440 kms et plus de 12 000 mètres de dénivelés que j’arrive enfin au pays des incas, ce géant andin, tant par son extension géographique que par son histoire !

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Coucher de soleil magique, sur la route entre Cuenca et Loja.

 

Ce mois ci aura également donné lieu à deux belles rencontres dans le cadre du projet Nomad Maps:

Paul Moreno tout d’abord, à Riobamba, membre du groupe Open Street Map « #MappingEcuador»  et directeur de l’ONG trans-latinoaméricaine «Ecosur» qui possède trois sièges: le principal à Riobamba en Équateur, le deuxième au Salvador et le troisième à Cuba. Cette ONG est spécialisée dans la reconstruction de maisons en mauvais état ou détruites par un aléa naturel (comme peuvent être les tremblements de terre et les éruptions volcaniques ici à Riobamba) et utilise activement la cartographie afin de répertorier les communautés avec lesquelles elle travaille.

Paul compte organiser des «mapping parties» (sortie de terrain en groupe dont le but est de cartographier la zone arpentée) avec des jeunes coureurs de trail des communautés locales, afin que ces derniers, connaissant parfaitement les chemins de leurs communes, enregistrent leurs traces GPS et cartographient ainsi ces zones reculées. Un excellent moyen donc de mettre à contribution ces jeunes dans cette démarche de manière ludique et de susciter peut être chez certains l’envie de continuer l’aventure de la cartographie sur OpenStreetMap. Une mise en contact à été fait entre CartONG et EcoSur afin d’avancer dans cette tâche.

Paul est membre OSM depuis plusieurs années mais est réellement devenu actif depuis le tremblement de terre de 2016 à Pedernales (côte pacifique équatorienne) où la communauté internationale et équatorienne s’est mise à cartographier les municipalités affectées de la côte par le biais d’OpenStreetMap. C’est suite à ce tragique évènement qu’est né le groupe #mappingecuador, créé entre autre par deux personnes se trouvant dans la ville coloniale de Cuenca, Daniel Orellana et Gabriel Gaona.

 

Ma visite à Cuenca à la fin du mois d’août, ne m’a malheureusement pas permis de connaître Daniel Orellana, ne se trouvant pas sur place au moment de ma visite. Mais la technologie aidant, nous allons tout de même échanger par visioconférence au cours du mois de septembre sur ses activités au sein de son laboratoire universitaire, spécialisé dans l’observation urbaine, le Llactalab.

J’ai cependant eu la chance de connaître Gabriel Gaona, ingénieur environnemental et doctorant à l’université de Cuenca en hydrologie. Il y’a deux ans, quelques heures après ce terrible tremblement de terre, Gabriel et Daniel s’activent pour monter un groupe sur le réseaux sociaux de personnes désirant s’impliquer dans la cartographie d’urgence des villages côtiers affectés. En quelques heures, le groupe #MappingEcuador s’agrandit jusqu’à atteindre 3000 membres. L’opération rencontre du succès et tout s’organise: d’un côté les cartographes se mettent à mapper la zone, d’autres plus à l’aise en communication diffusent l’information sur les réseaux sociaux et contactent les medias, et de l’autre, comme ce fut le cas de Daniel et Gabriel, mettent en place des webinaires (conférence/ ateliers en ligne) afin d’enseigner aux cartographes novices les outils de base d’OpenStreetMap. Les résultats de cette opération dépassent largement les attentes et c’est en seulement 8 jours qu’une grand partie de la côte est cartographiée, bâtis et voies de communication principalement. Ces données furent alors extrêmement utiles pour les autorités et les secours pour gérer la crise et la suite. Les régions côtières équatoriennes sont à ce jour une des zones les mieux cartographiées du pays grâce à cette initiative, la plus importante jamais réalisée en équateur jusqu’à maintenant.

Plus d’infos (en espagnol) :

ONG EcoSur : http://ecosur.org/

Mapping Ecuador: https://llactalab.ucuenca.edu.ec/eventos-2/mappingecuador/

Tutoriels #MappingEcuador pour apprendre à cartographier sur OSM : https://llactalab.ucuenca.edu.ec/eventos-2/mappingecuador/mapeo-colaborativo-por-ecuador/

 

 

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Avec Gabriel Gaona, à Cuenca.

 

Du côté des traditionnelles statistiques, 990 kilomètres ont été parcourus à vélo ce mois d’août, soit un total de 1780kms en Equateur, dont plus de 1000 kms en compagnie d’Astrid (que je félicite au passage pour cette première expérience «cyclopédique» réussie haut la main et sur un terrain des plus difficiles qui soit!).

Sur OpenStreetMap, ce sont plus de 4200 éléments qui ont été cartographiés en Equateur, en tentant de me concentrer davantage sur la cartographie du réseau viaire (nouvelles routes, revêtement), des services de santé et de sport et les aménagements cyclables.

Enfin, grâce à un accès à internet plus aisé en Équateur, j’ai pu «photo cartographier» presque 60% du trajet avec 45 000 clichés couvrant plus de 1000 kms de routes (meilleur contributeur du mois sur Mapillary en Equateur) !

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Une des photo mapillary du mois, sur la « ruta del spondylus », sur la côte pacifique.

 

Alors que je laisse l’Equateur derrière moi et vais faire connaissance avec le Pérou en ce mois de septembre, une échéance importante se présente devant moi à la fin du mois. J’aurai en effet l’honneur de me rendre à Buenos Aires (en avion biensûr) pour le SOTM Latam 2018 (State Of The Map Latino américain 2018, la conférence annuelle latino américaine sur les activité d’OpenStreetMap) afin d’une part de rencontrer de nombreux contributeurs OSM et d’autre part de présenter le projet et les résultats de 5 mois d’itinérance à travers les Andes avec le projet Nomad Maps. Une belle cerise sur la gâteau donc pour terminer ce périple!

Plus d’infos : https://state.osmlatam.org/

 

Prochaines nouvelles, dans la newsletter début octobre !

 

Merci à tous encore pour votre soutien,

Abrazos!

 

Alban

 

Pour suivre le trajet et pour plus de photos : www.nomadmaps.net

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