Newsletter #3: L’Equateur, milieu du monde!

Trois mois que je pédale et la barre des 3000 kms vient d’être franchie à quelques encablures de l’Océan Pacifique , cet océan que j’ai l’immense plaisir de découvrir pour la première fois depuis le début du voyage. Et quel plaisir! Après le froid glacial des hauteurs équatoriennes, se retrouver dans la douceur de la côte est un vrai bain ressourçant qui permet aussi de découvrir de nouveaux mets locaux à base de poissons et de fruits de mer, dont les fameux ceviches! La majeure partie de mon trajet équatorien ne sera pas en solitaire mais accompagné d’Astrid, ma chère compagne, qui m’a rejoint à Quito pour pédaler avec moi durant 6 semaines. Un sérieux coup de pouce d’avoir sa précieuse compagnie et de pouvoir découvrir avec elle ce charmant pays andin situé « en la mitad del mundo », au milieu du monde comme ses habitants se plaisent à le répéter.

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Des débuts pour le moins sportifs pour Astrid avec une ascension « d’entrée » vers le Parc National Cotopaxi !

 

Petit retour en arrière cependant. Souvenez vous, quand la deuxième newsletter a été envoyée au tout début du mois de juillet, j’étais sur le point de partir de Pasto, en Colombie, a seulement 90 kilomètres de la frontière. Je pensais alors que mon chapitre colombien allait se clore par deux journées à vélo et voilà tout. Mais la magie des rencontres et surtout le luxe d’avoir la possibilité d’improviser m’ont permis d’avoir une de mes pus belles expériences depuis le départ, et peut être même d’engager un projet sur le plus long terme.

En effet, suite à une rencontre dans les rues de Pasto avec Catalina Solarte, consultante pour le Conseil Norvégien pour les Réfugiés et pour l’Organisation International des Migrations (OIM), j’ai eu la chance et l’opportunité de me rendre en territoire Awa, un peuple autochtone dont le territoire se situe à cheval sur le Sud Ouest de la Colombie et le Nord Ouest de l’Equateur.

Ces réserves indigènes Awa font l’objet du programme « Caminando unidos » (marchons unis) en collaboration avec l‘UNICEF, USAID et l’OIM car ils se trouvent en plein territoire de conflit armé encore présent dans cette région là de la Colombie. Ces deux ONG tentent par le biais de ce programme de réunir des enfants de differentes communautés une semaine par mois afin qu’ils se connaissent et voient que d’autres voies sont possibles que de s’engager dans la guerilla (ils sont en effet la première des cibles de recruteurs…). De manière improvisée, les membres de la mission ont alors profité de ma présence pour que je leur parle, non pas de cartographie collaborative, un peu trop abstrait dans ce contexte là, mais de géographie et d’ouverture sur le monde. L’expérience a été belle auprès d’un public attentif et enthousiaste. Il faut quand même prendre en compte que certains enfants ont mis plus de deux jours de marche dans la jungle pour rejoindre le centre!

Après d’intéressantes discussions sur l’opportunité de la cartographie participative avec les organisateurs, les membres de l’OIMm’ont proposé une coopération à distance en août et septembre prochain afin d’intégrer une carte collaborative sur le site internet en construction de la réserve. Proposition que j’ai bien entendu accepté avec plaisir, s’intégrant pleinement dans mon projet! Décidemment, la Colombie m’aura réservé de belles et agréables surprises jusqu’au bout…

En lien, un article (en espagnol) publié sur le site de l’OIM sur ma petite visite: http://www.oim.org.co/%E2%80%98mi-proyecto-de-vida-abriendo-los-caminos-de-los-sue%C3%B1os%E2%80%99-una-estrategia-de-prevenci%C3%B3n-de

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Une carte du monde improvisée face à un jeune public Awa attentif!

 

Quelques jours après cette très belle expérience, c’est une excellente nouvelle qui m’est parvenue alors que je venais de passer la frontière équatorienne: Nomad Maps est lauréat 2018 de la bourse Déclics Jeunes de la Fondation de France! Cette bourse récompense chaque année une vingtaine d’initiatives de jeunes âgés entre 18 et 30 ans, qui mettent à profit une passion dans le cadre d’un projet solidaire. L’obtention de cette bourse, en plus d’être un sacré appui financier, est également une belle récompense des efforts fournis pour la préparation de ce projet, notamment avec l’indispensable aide de Joaquim Martin pour le développement de la page internet et Yasmine Bouzid pour l’appui dans l’effort de communication. J’en profite également pour remercier de nouveau les 102 contributeurs du crowdfunding et l’appui de CartONG et Apoyo Urbano qui ont permis de rendre davantage crédible le projet aux yeux du jury de la Fondation de France.

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Une des 15 000 images enregistrées ce moi ci en Equateur sur Mapillary, ici, dans la capitale, Quito

 

L’annonce de cette bourse a eu l’effet en moi d’un gros coup de boost, qui, couplé à la venue d’Astrid pour l’été, ont permis de progresser à travers les Andes équatoriennes toujours avec des dénivelés assez fous (plus de 15 000 mètres de dénivelés positifs). Le séjour dans la capitale Quito a été marqué par le sacre de l’Equipe de France au mondial , évènement que nous avons vécu au sein de l’Alliance Française dans une ambiance survoltée. La suite a été ponctuée de deux séquences. La première, que nous avons appelé « la boucle du Cotopaxi » qui nous a amené au pied de cet impressionnant stratovolcan à l’esthétique parfaite du haut de ses 5897 mètres; et la deuxième, « la boucle de Quilotoa« , qui, au terme de longue heures d’ascension et d’un col à presque 4000 mètres nous a amené à un splendide lac vert émeraude lové dans un cratère géant. Alors que je n’avais plus quitté les hautes altitudes (plus de 2500 mètres) depuis plus d’un mois, nous avons, lors de la dernière semaine de juillet, « viré à l’Ouest » pour prendre la direction de l’Océan Pacifique. Une descente vertigineuse de plus de 65 kilomètres pour plonger de 4050 mètres d’altitude à 150 mètres, passant de champs de quinoa à des canyons tapissés de bananiers et de plantes tropicales aux feuilles géantes… exceptionnelle descente qui restera gravée dans les mémoires du voyage!

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Col à 4050 mètres au dessus des nuages avant de plonger sur la côte pacifique.

 

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La laguna de Quilotoa, nichée à 3900 mètres d’altitude, dans un cratère de plus de onze kilomètres de circonférence.

 

Cette descente vers le pacifique n’avait pas seulement un but touristique. En effet, après deux échecs de rencontres avec des membres d’OpenStreetMap à Quito (je devais rencontrer deux jeunes cartographes qui n’ont plus donné signe de vie au dernier moment! Je garde néanmoins espoir pour mon retour à Quito à la fin du mois d’août.), nous avons pris direction plein Ouest pour aller rencontrer César résidant au bord de l’Océan dans le charmant village de San Clemente. César est un biologiste marin, spécialisé dans les SIG (Système d’Informations Géographiques) et travaillant pour le Secretaria de Gestion de Riesgos (SGR, sécrétariat de gestion des risques) à Portoviejo. Il a découvert OpenStreetMap il y’a peu et est très intéressé pour développer la communauté dans sa région de Manabi, notamment afin d’avoir des outils plus adaptés pour la gestion des crises relatives à un désastre naturel.

Cela tombe bien, quelques mois auparavant, Manuela, une étudiante équatorienne de géographie à Lyon avait contacté CartONG et moi même car elle était désireuse de développer un projet bénévole dans son pays afin de développer les SIG comme outil de gestion dans les communes de la côte pacifique de son pays. La motivation de César et sa présence sur place préfigure donc un cadre idéal pour mettre en place en place ce projet quatripartite entre ce dernier (comme membre OSM et appui local), Manuela (projet bénévole de CartONG), CartONG et enfin la commune de Portoviejo qui a déjà montré son intérêt pour mettre en place une cartographie participative afin de mieux gérer la déforestation dont elle souffre depuis plusieurs années et qui entraîne de graves inondations. Le crochet de 400 kms fait à vélo pour rejoindre César ne devrait donc pas être vain et c’est tant mieux!

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César et moi même, dans sa belle maison au bord de l’océan pacifique.

 

Ce deuxième mois équatorien à venir nous fera remonter dans les hauteurs de la Cordillère, au pied du volcan Chimborazo (6200mètres, point culminant de ce petit pays andin) pour ensuite plonger de l’autre côté, en Oriente pour aller pédaler en Amazonie! Deux rencontres OpenStreetMap sont au programme (en plus de celles possibles de Quito), en espérant qu’elles se passent aussi bien que cette dernière sur le Pacifique!.

Je vous souhaite à tous un excellent mois d’août, au plaisir de vous écrire la prochaine newsletter début septembre depuis… le Pérou, pour le dernier chapitre de cette aventure!

Abrazos!

Alban

 

Pour suivre le trajet et pour plus de photos : www.nomadmaps.net

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